
Parce qu'il fallait bien rentrer un jour, nous voici de retour. Le voyage n'est pas eternel, et ne trouve toute son essence que dans l'éphemère qu'on lui attribue... En effet, comment arriver à prendre la pleine mesure des choses s'il n'est pas entrecoupé de périodes de retour dans des lieux que l'on aime, des lieux qui nous ont vu naître, familiers, retrouver les amis, et tout simplement partager. Car au delà des rencontres - qui comme on l'a souvent répeté, sont un moteur de nos voyages, - toute la beauté du voyage réside dans la fugacité de ces instants. Découvrir la bonté de toutes ces personnes, partager de simples moments, des sourires le plus souvent, des sourires emplis d'amour. Tellement simple mais tellement difficle à retrouver dans notre bonne vieille europe, notre bonne vieille société bien rodée, parfois même nos propres amis...
Comme si on ne voulait pas en terminer avec cette aventure, nous avons été incapable jusqu'à présent d'écrire la moindre ligne en conclusion de ce blog, un titre tout au plus. Aujourd'hui, je franchi le pas.
Peut-être qu'il me faudra plusieurs jours pour trouver l'inspiration, mais la machine est en marche. La cause ??? Il n'est pas question de faire le deuil d'un voyage, pas comme on le fait d'une personne disparue. Tous ces souvenirs, émotions qui nous ont fait vibrer, vivre tout simplement, notre carburant a disparu avec notre retour à la vie. Paradoxe... Le dur retour à la réalité ne laisse pas de répit, néanmoins, les retrouvailles avec les êtres aimés sont un recommencement pour de nouvelles bases, et un nouveau départ. Lorsque on s'investit dans quelque chose, qu'il s'agisse d'un quelquoncque projet, relation amoureuse, amitié etc... il est normal d'être déçu un jour. Tout a une fin, la vie elle-même est éphémère...
Il nous a fallu (et il nous faut encore) trouver une énergie nouvelle pour repartir sur les bons rails, sans pour autant oublier tout ce que l'on a appris, tout ce qu'on nous a donné: l'amour.
Autant que possible il nous faut revivre dans cette société qui nous semble tellement étrangère, tellement éloignée des vraies réalités de la vie (et là je pense que tous nos grand-parents, et encore plus loin encore savent de quoi il retourne).
Il nous a fallu considérer la fin du voyage d'une autre manière. En effet, comment passer à autre chose sans en perdre la richesse de ses enseignements ? Retrouver un travail que l'on aime vraiment, des projets, et se donner les moyens d'y arriver (il est question ici de projets constructifs).
L'idée de continuer ce voyage au travers d'expositions photos m'aura sans doute redonné un peu de ce carburant pour repartir. Repartir non pas sur les routes, mais sur le chemin de la vie, quelque soit le futur qui nous attend. Il est évident que les voyages à venir seront partie intégrante des projets, et que nous feront l'impossible pour ne pas perdre cette chance que nous avons en tant qu'occidentaux qui nous plaignons constamment: cette chance de pouvoir quitter notre pays, pour partir à la rencontre des gens, des cultures...
Comment arriver à prendre suffisament de recul dans la "vraie" vie si on ne peut s'éloigner suffisament loin, suffisament longtemps de cette comédie, réciproquement pour le voyage, comment se rendre compte de la beauté des choses si on ne connait le coté négatif - comment reconnaitre le bien si on n'a jamais connu le mal - telles sont les règles d'équilibre de cette vision des choses.
Alors, aujourd'hui, ça n'est pas une simple conclusion, une "parenthèse" comme pourraient penser certains: c'est un aboutissement, qui donnera suite à bien d'autres, on l'espère ...
Ce magnifique voyage n'aurait pû être le même sans l'accueil, la gentillesse et le soutien de toutes ces personnes, qu'elles soient des villes ou des champs: On tient tout particulièrement à adresser un grand merci à nos amis (sans ordre de préférence), avec l'incontournable Edgard bien sûr, ami de toujours; mais aussi Maria de Lima qui nous a toujours accueilli comme ses enfants et invité dans sa modeste maison; marcello de Zorritos, qui nous a emmené pêcher en mer et tellement plus; Mario du Katuwira pour son projet fou; tous ces gens de CouchSurfing rencontrés par le biais de David et Guillaume (César à Arequipa, Carla à La Paz); bien sûr ceux qui ont tracé la route avec nous, nos p'tits bordelais qu'on a eu énormenent plaisir à retrouver à l'autre bout du monde, je cite Mat et Caro; ces espagnol/anglais/israelien et autres français exilés, et bien sûr les incontournables -surprise de ce voyage- David et Guillaume (popoche et sacoche);
Pour enfin terminer avec tous ces gens avec qui nous avons échangé -points de vue, sourires, regards- que nous avons croisé sur toutes les routes, dans les endroits les plus improbables, dont il ne reste aujourd'hui dans nos têtes plus que des regards et visages sans nom, mais qui sont l'âme même de nos souvenirs...
Merci de nous avoir suivi, en esperant vous avoir insuflé le goût de la découverte. Le monde est à portée de main après tout ....
|